LETTRE D'INFORMATION


Octobre - novembre 2008

 

Chers Amis,

 

Voici, de la main de Satprem, le titre du livre qu’il nous a laissé et que nous publions en cet automne :

 

 

Dans La Légende de l’Avenir, son essai précédant l’écriture de L’Oiseau Doël , Satprem disait :

 

« Saurais-je lancer ma bouée

pour un frère qui peine et qui voudrait bien savoir

ce qui hante un homme de maintenant »

 

Ainsi, L’Oiseau Doël est une bouée de plus que lance Satprem… Ce livre n’a pas eu l’occasion de voir le jour jusqu’ici, les autres projets éditoriaux de Satprem ayant pris le pas entre-temps. Cependant, Satprem, avec Sujata pour qui L’Oiseau Doël comptait également beaucoup, n’avait jamais abandonné le projet de le publier, laissant son manuscrit entièrement prêt à cet effet.

Comme nous vous l’avons annoncé en octobre dernier, nous allons poursuivre la publication des Carnets d’une Apocalypse mais cet inédit ne semblait plus devoir attendre des années, car autant ou plus que jamais, sous une forme de conte « réel » et d’une poésie — musique — merveilleuse, qui fait écho à d’autres livres, avec peut-être une pensée particulière pour Gringo écrit une vingtaine d’années auparavant, Satprem délivre cet instant où tout bascule — non pas mentalement etc., mais physiquement, et où il se retrouve à vivre sur la terre qu’il n’a jamais quittée, si différent et à la fois pareil, vacillant sous ce poids d’une énergie aussi invisible qu’elle est concrète, comme Mère, et continuant à faire percer ce nouveau mode d’être.

D’une certaine manière,  nul écrit de Satprem, peut-être, même ses « Carnets », ne nous paraît plus intime que L’Oiseau Doël. Il nous y semble si entièrement là dans son expérience entamée en 1982, main dans la main avec Sujata, laissant libre cours à son intensité certes, comme toujours, mais surtout à la douceur, à la tendresse infinie qu’il vivait, et à l’espoir : « Et un homme, tout de même, avait fait un trou dans les vieux sépulcres. Un point qui rayonnait silencieusement à travers nos murs, qui appelait silencieusement d’autres petits points d’être sous les décombres », écrit-il. 
 

Naturellement le mieux est de laisser présenter Satprem lui-même son « Doël ou le prochain oiseau sur la terre » :

« Les langues comme les dinosaures et notre espèce provisoire, se fossilisent, elles ne jettent plus leur cri — et quel autre cri sinon ce que l’on est ? J’ai écouté tant de langues qui ne se comprennent pas elles-mêmes ni entre elles, comme le grincement des macaques avec quelques conjonctions de coordination, et rien ne s’accorde. Puis j’ai fait le silence, j’ai oublié mon homme provisoire, et j’ai entendu une grande Onde qui embrassait les univers et toutes les petites bêtes dedans, qui frémissait partout avec un brin d’herbe, une feuille dans le vent, un rocher solitaire, et c’était ça qui mouvait tout, comme soi-même partout. Puis j’ai vu que mes pas, mes actes, mes paroles n’étaient plus des impulsions ou des pensées, justes ou pas justes, claires ou pas claires — c’étaient des notes, fausses ou justes. Comme l’oiseau. Il y a un son, une musique d’être en dehors de tout ce que l’on peut penser.

            Il faut apprendre à être musical, dans tout, ou avec tout.

            Le vieil homme provisoire est toujours à faire des barrages avec des idées (ou des sentiments). Tout est brouillé ou circonvolutif. Il ne sait plus son propre cri.

            Ce sera la prochaine manière d’être :

                        une manière musicale

                        une musique qui guérira

                        toutes les peines de la terre. »

 

*

 

Nous sommes aussi heureux de vous annoncer la réimpression du Volume 2 de l’Agenda de Mère et du Livre I de Savitri, de Sri Aurobindo, traduit par Satprem. Ils sont disponibles dès maintenant.

Vers la mi-novembre, nous tiendrons également à votre disposition l’édition sur CDs audio des trois cassettes d’entretiens Sept Jours en Inde avec Satprem, avec Frédéric de Towarnicki, lequel nous a malheureusement quittés il y a quelques mois. Cette édition sur support CD est augmentée de quelques fragments de conversations qui ne figuraient pas sur l’édition en cassettes audio. Elle se présente sous la forme d’un seul coffret contenant trois CDs (durée 3h42).

En même temps, nous éditons sur support CD les entretiens du Volume 6 de l’Agenda de Mère (16 Cds),  ils seront disponibles dans les mêmes délais que le coffret de Sept jours en Inde avec Satprem.

 

*

 

Nous attendions l’occasion de cette lettre d’information pour annoncer à nos correspondants lisant l’anglais que le Volume 3 de Sri Aurobindo to Dilip a été édité.

Il s’agit donc ici du troisième sur les quatre recueils de la correspondance entre Sri Aurobindo et Dilip Kumar Roy : Sri Aurobindo, nuit après nuit, à sa manière délicieuse, transmet connaissance et encouragements à Dilipda : « Gardez à travers tout l’aspiration que vous exprimez si admirablement dans vos poèmes ; car elle est sûre d’être là et elle émerge des profondeurs, et c’est la cause de cette souffrance — comme le sont généralement les grandes aspirations dans un monde et une nature où il y a tant de choses pour s’y opposer — c’est aussi la promesse et l’assurance de son émergence et de la victoire dans l’avenir. »

En ces années, Dilip est immergé dans le monde de la mélodie, il « s’envole et s’élève » en musique et en prosodie, expérimente de nouvelles versifications, compose une poésie inspirée, et inspire aussi les autres. Son « Suryamukhi » a été publié, il est applaudi par de grands écrivains bengalis et il prépare le programme de musique pour l’Université de Calcutta.

À ce volume 3 Sujata avait écrit une courte préface, datée de mars 2007, donc très peu de temps avant son départ.

 

*

 

Nous vous souhaitons un très bon automne et vous adressons toutes nos amitiés.

 

 

 Pour l’Institut,              
Françoise Joos              

 



[Début page]   [Accueil site]   [Accueil IRE]                                                   Nous contacter  


© Institut de Recherches Evolutives.